L’herbe c’est pour les vaches : nouvelle débâcle du tennis argentin à Wimbledon

Ce n’est pas un Argentin mais un célèbre joueur de tennis espagnol qui a inventé une phrase qui revient après la énième débâcle des joueurs de l’Albiceleste lors du troisième tournoi majeur de la saison. « L’herbe est pour les vaches », disait Manolo Santana en 1963, qui curieusement remportera le titre à la Cathédrale du Tennis trois ans plus tard. Une opinion que tous les Argentins ayant participé au Grand Chelem de Londres cette semaine seraient peut-être d’accord.

Nous parlons au passé car aucun des neuf joueurs du pays sud-américain présents dans le tableau principal masculin n’a réussi à surmonter la première grille. Le dernier à dire au revoir a été Mariano Navone, qui vient de s’incliner face au finaliste de Roland-Garros Flavio Cobolli en quatre sets, perdant six balles de set. Son match avait été reporté hier en raison de problèmes de calendrier alors que l’Italien dominait déjà par deux sets à un.

L’Argentine était le quatrième pays avec le plus de joueurs de tennis dans l’équipe masculine après les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne – l’Espagne en comptait huit – mais cela n’a pas été d’une grande utilité lorsque les choses se sont passées. Les défaites de Francisco Cerúndolo et Tomás Martín Etcheverry, respectivement têtes de série 18 et 29 du tournoi, ont été particulièrement douloureuses.

L’aîné des Cerúndolo venait de remporter sur le gazon du Queen’s – en 2023 il avait déjà remporté à Eastbourne – le premier ATP 500 de sa carrière mais lors du premier match au All England Club il tomba sans rémission, 6-1, 6-4 et 6-3, contre Jaume Munar.

Quant à Etcheverry, il affrontait l’Italien Lorenzo Sonego mais finit par s’incliner 6-4, 6-4 puis 6-7(2) et 7-6(4). Camilo Ugo Carabelli, qui a abandonné sur blessure après avoir dominé l’Espagnol Dani Mérida par deux sets à un, a été proche du dépassement. Sebastián Báez a également forcé le cinquième set contre l’Allemand Struff mais l’a perdu 7-5.

De Vilas à Del Potro en passant par Nalbandian

Bref, une catastrophe qui n’a rien de nouveau. Et il faut remonter à 2019 pour voir un Argentin dans les phases finales masculines. Le protagoniste était Guido Pella, tombé en quarts de finale contre l’Espagnol Roberto Bautista.

Le grand Juan Martín del Potro est allé plus loin, demi-finaliste en 2013 et battu en cinq sets par Novak Djokovic. Et pour voir un finaliste, il faut remonter à 2002, lorsque David Nalbandian s’inclina face à l’Australien Lleyton Hewitt. Le Cordouan est le seul Argentin à avoir disputé le dernier match dans la Cathédrale.

Guillermo Vilas mérite une mention spéciale. Le premier génie argentin de la raquette n’a jamais dépassé les quarts de finale à Wimbledon, mais a remporté l’Open d’Australie à deux reprises (1978, 1979) alors que le tournoi se jouait encore sur gazon.