Une opération développée en France, en Bulgarie, en Espagne, par la police nationale et en Roumanie et promue par Eurojust, l’Agence de coopération judiciaire pénale de l’Union européenne, a abouti au démantèlement d’un réseau qui gérait un système « complexe » de trucage de matchs de tennis. Elle fonctionnait depuis 2018 avec un bénéfice estimé à environ 800 000 euros.
Le système de surveillance des matchs a permis de découvrir des irrégularités dans leur déroulement : il a été possible de vérifier que des joueurs de haut niveau ont été vaincus, ont perdu des sets ou des points clés dans des circonstances qui, après avoir surveillé le mouvement des paris dans les maisons internationales, ont permis d’établir une connexion. Par exemple, il a été révélé que de nombreux paris coïncidaient sur la perte d’un set ou d’un match par les mêmes joueurs, que certains parieurs créaient des comptes pour un seul pari spécifique ou que les paris étaient placés simultanément dans différents pays. Le groupe est soupçonné d’avoir payé plusieurs joueurs classés au-dessus de 100 au classement ATP. Ce réseau fonctionnait principalement depuis la Bulgarie.
La coordination d’Eurojust a permis aux autorités françaises, bulgares, espagnoles et roumaines d’échanger des informations et de planifier des opérations. Neuf suspects ont été arrêtés en France, quatre en Bulgarie, un en Roumanie et un autre en Espagne. Les enquêtes sont en cours. Au nom de l’Espagne, le parquet anti-corruption a participé ; Tribunaux centraux d’enquête no. 3 et non. 4 ; Tribunal national ; l’Unité de la Police Nationale Rattachée au Parquet Anti-Corruption et la CENPIDA du Service de Contrôle des Jeux.